• Coupables d’être syndiqués à la CGT

    Coupables d’être syndiqués à la CGT

     

    Chez Castmetal, la direction apprécie peu la création du syndicat CGT, qui pourrait remporter des voix lors des prochaines élections professionnelles du 17 juin, et l’a fait savoir en s’attaquant à cinq militants. Une pratique pas du goût des salariés, qui se sont mis en grève.

    L’exercice du droit syndical est de plus en plus compliqué. Les salariés de la fonderie Castmetal de Colombier-Fontaine, dans le Doubs, peuvent en témoigner. Cinq salariés syndiqués à la CGT ont été convoqués à un entretien disciplinaire lundi dernier. La direction a annoncé qu’elle se prononcerait sur leur sort le 4 mai prochain. Pour l’union locale du Pays de Montbéliard, il ne fait aucun doute que l’objectif de la direction de Castmetal est de « décapiter » le syndicat CGT, créé en décembre 2014.

    « Plusieurs de ces salariés sont venus à la rencontre de la CGT fin 2014 pour se syndiquer. Ils nous ont expliqué que les conditions de travail relevaient de l’époque du moyen-âge, avec des machines outils non conformes et très dangereuses pour leur sécurité, expose Dalila Fontaine, l’une des deux secrétaires de l’union locale CGT du pays de Montbéliard. Depuis, et alors que les prochaines élections professionnelles auront lieu le 17 juin, la direction s’attaque aux militants de la CGT, qui avaient commencé à mettre en lumière la situation dramatique de la fonderie : des conditions de travail qui ne cessent de se dégrader, causant des accidents du travail récurrents, le manque d’investissement sur les outils de production qui deviennent obsolètes. »

    Le 14 avril dernier, cinq salariés adhérents à la CGT sont mis à pied à titre conservatoire. Dans la lettre de convocation à l’entretien disciplinaire, pouvant aller jusqu’au licenciement, « la direction parle de harcèlement de la part des salariés syndiqués à la CGT, qui chercheraient à obliger leurs collègues à voter pour eux aux prochaines élections, rapporte Dalila Fontaine. Sauf que durant les entretiens, la direction a revu sa copie, évoquant alors des paroles violentes. » Pour la secrétaire de l’union locale, « cet agissement est révélateur des attaques pilotées par le patronat contre des militants CGT. Le fait que des salariés aient relevé la tête et osé se plaindre de leurs conditions de travail, ne plait pas à l’employeur. »

    Face à cet acharnement, les salariés de la chaine de production sont derrière leurs collègues. Une quarantaine d’entre eux sont d’ailleurs en grève depuis lundi 20 avril, jour des entretiens disciplinaires. Ils exigent la réintégration immédiate de leurs collègues sans conditions et le paiement des jours de grève et de mise à pied conservatoire. La direction ayant prévu de rendre sa décision concernant les cinq militants le 4 mai prochain, le mouvement a été reconduit jusqu’à cette date. « Le 4 mai, c’est le jour où nous, l’union locale, devons négocier le protocole électoral. Faut-il y voir un lien de cause à effet », s’interroge Dalila Fontaine.

    Source : l'humanité.fr

     

     

     

     


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