• Le groupe Sidel supprime 190 postes dans son usine près du Havre

    La suppression de 190 postes sur le site Sidel d'Octeville-sur-Mer a été confirmée aux salariés, vendredi 4 septembre 2015. Le syndicat majoritaire CGT se dit écœuré. Récit.

    Mise à jour : 07/09/2015 à 18:54 par Karine Lebrun

     

    A la sortie de la réunion entre salariés et direction, les visages sont tendus. Reynald Kubecki, secrétaire général de la CGT (à droite sur la photo) promet une rentrée sociale brûlante. À la sortie de la réunion entre salariés et direction, les visages sont tendus. Reynald Kubecki, secrétaire général de la CGT (à droite sur la photo) promet une rentrée sociale brûlante.

    Sidel Blowing, le leader mondial de l’embouteillage plastique, a présenté aux salariés de l’entreprise d’Octeville-sur-Mer, près du Havre (Seine-Maritime), vendredi 4 septembre 2015, ses intentions quant à la réorganisation du groupe au niveau mondial. « Le groupe a fait état de 715 suppressions de postes au niveau mondial et de la création simultanée de 355 postes », explique à Normandie-actu, le secrétaire général de la CGT du site, Reynald Kubecki.Pour le site d’Octeville, 215 suppressions de postes et 25 créations sont programmées.

    Dernière minute > La CGT appelle à la manifestation, mardi 8 septembre 2015, devant la sous-préfecture.
    Avec 190 postes en moins, le site Sidel d’Octeville-sur-Mer – qui emploie 825 salariés - est le plus touché par cette restructuration de groupe. La direction envisage ces suppressions de postes dans les quatre mois à venir. La CGT majoritaire prépare la riposte. Les salariés se disent écœurés.

    Résumé. Le groupe Sidel, leader mondial des machines fabriquant et remplissant des bouteilles en plastique pour boissons, a annoncé, vendredi 4 septembre 2015, dans un communiqué, une nouvelle organisation. Cette décision va entraîner la suppression de 360 postes dans le monde, dont 190 dans son usine principale d’Octeville-sur-Mer. Datant des années 1960 et anciennement propriété de Lesieur, Sidel a été racheté successivement par Saint Gobain, puis par ses salariés avant de devenir filiale de Tetra Laval en 2003. Le groupe Sidel a été séparé en deux unités en 1999, Sidel Blowing (machines de soufflage de bouteilles en polytéréphtalate d’éthylène, PET), qui va subir 209 suppressions de poste, et Sidel Services (maintenance) qui va perdre 6 postes. Sidel a réalisé 1,39 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2014 :

    « Octeville paye le prix fort des “errements” de la direction »

    Pour la CFE-CGC, second syndicat représenté à Octeville par Xavier Oudar, « le site de Seine-Maritime paye le prix fort des “errements” » successifs de la stratégie de la direction ». Le délégué syndical rappelle qu’en 2013, une restructuration, déjà, avait été engagée par Sidel Blowing. Malheureusement, « elle a conduit à fragiliser encore un peu plus le groupe » :

    L’ouverture et le développement de deux sites commerciaux à Francfort (Allemagne) et Dubaï (Émirats arabes unis) ont été actés. Ce projet a entraîné des dépenses importantes et surtout des pertes de compétences. En 2013, toujours, le choix de scission du groupe en deux entités, Sidel et Gebo-Cermex, a conduit à une mise en concurrence des sites du groupe sur la vente de lignes complètes d’embouteillage. Cette politique a semé le trouble chez nos clients auprès de qui nous avons perdu en crédibilité », pestent le représentant syndical.

    « Un plan de casse à l’emploi »

    La CGT partage la même analyse : Sidel perd en force en raison de la répétition de vaines restructurations.

    Aujourd’hui, on nous a présenté un plan de casse à l’emploi et ce plan, contrairement à ce qui nous est dit, est porté par Tetra Laval, le groupe suédois auquel nous appartenons. Son intention première était même de délocaliser complètement la production d’Octeville-sur-Mer à Parme (Italie) », croit savoir Reynald Kubecki.

    À 15h30, à l’issue de la rencontre entre salariés (800 auraient fait le déplacement) et la direction, les visages étaient fermés, les mâchoires serrées.

    Nous n’avons pas obtenu de réponse », peste le militant syndical. « Mais nous pouvons supposer que ce choix est celui de deux de nos dirigeants dont un, Italien, favorables à la concentration des services. Parme, c’est aussi le plus gros site industriel du groupe et qui emploie, contrairement à ici, que des salariés Sidel, aucun sous-traitant. Parme devient dès lors le lieu idéal pour une plus grande rationalisation des coûts, celle dont on nous rabâche sans cesse les oreilles. »

    Au nom d’une plus grande efficacité

    Dans un communiqué, le groupe Sidel Blowing explique clairement vouloir une plus grande efficacité opérationnelle « obtenue grâce à des structures hiérarchiques centralisées avec moins de niveaux de gestion. Ces changements permettront également de faire des économies en matière de coûts. Le groupe explique vouloir aussi déménager son siège social de Zoug, en Suisse, dans son centre d’excellence à Parme. » Ce transfert programmé au cours de l’année 2016 participe de la volonté du groupe « d’acquérir une plus grande rapidité et une plus grande simplicité dans son fonctionnement ».  L’ensemble de ces propositions impliquent une réduction des postes de 10% des effectifs dans les usines Sidel à travers le monde. Des propositions de reclassement vont être formulées. Sidel Blowing prévient que cette restructuration fera l’objet d’une consultation préalable avec les représentants des personnels.

    « On va brûler des palettes ! »

    Les salariés se déclaraient écoeurésLes salariés se déclaraient écoeurés

    « On va brûler des palettes ! », apostrophe un salarié sur le départ, vendredi 4 septembre 2015.

    La rentrée sociale va être chaude », promet, en retour, Reynald Kubecki. « Nous avons insisté auprès des salariés pour qu’ils restent solidaires dans le combat que nous allons mener. Nous n’allons rien lâcher. Nous ne céderons pas à la résignation. Le message, je m’en réjouis, a été entendu. » «

    La solidarité, oui, nous allons en avoir besoin », réagit Christelle, employée de l’usine depuis 24 ans. Cette maman divorcée, mère de trois enfants, est encore sous le choc de l’annonce. « Je m’inquiète pour l’avenir, oui, forcément. » Les yeux rougis, elle se dit anéantie. « Pourquoi cette restructuration serait-elle mieux que les autres ? Les précédentes n’ont fait que nous affaiblir. Aujourd’hui, on licencie le personnel. Pourquoi ne pas mettre à la porte les dirigeants qui ont fait la preuve de leur inefficacité ? », questionne l’employée.

    Elle promet d’être des prochains combats. Mardi 8 septembre 2015, la CGT programme une réunion avec les salariés pour organiser la riposte. Lundi 14 septembre 2015 se tiendra le comité d’entreprise extraordinaire où Sidel Blowing devra donner des éléments de réponse aux syndicats suite au lancement de la procédure du droit d’alerte. La rentrée à Sidel va être brûlante.

    Source :  http://www.normandie-actu.fr/190-emplois-supprimes-a-lusine-sidel-pres-du-havre-le-coup-de-massue_153987/

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