• SFR : grogne chez les salariés, inquiétude chez les sous-traitants, selon la CGT

    La grogne monte chez les salariés de SFR, soumis à une "forte pression" depuis la fusion avec Numericable, et l'inquiétude chez nombre de ses sous-traitants et prestataires, qui craignent des répercussions sur l'emploi du fait de contrats renégociés à la baisse, selon la CGT.

    Depuis la fusion, "la pression est énorme au quotidien" sur les salariés, qui sont de plus dans une "incertitude complète", a déclaré mercredi Damien Bornerand, délégué syndical central CGT chez SFR, lors d'une conférence de presse commune avec des délégués CGT de sociétés sous-traitantes de l'opérateur télécoms.

    Il a dénoncé une "méthode brutale de management" dans l'entreprise avec par exemple des "commerciaux en burn-out" car les objectifs leur étant assignés sont maintenus malgré des portefeuilles de clients en baisse en raison d'un redécoupage avec Numericable.

    "A force de ne valider aucune commande pour ne sortir aucun euro, on se trouve régulièrement avec pas de papier dans l'imprimante ou pas de papier toilette", a-t-il raconté. "Ça peut sembler anecdotique, mais ça montre bien jusqu'où ça va."

    Quant aux sous-traitants, depuis novembre, "les prestations ont été soit dénoncées, soit payées très tardivement". "Le but, c'était de les prendre à la gorge de manière à renégocier les contrats avec en moyenne 30 à 35% de baisse", a expliqué M. Bornerand.

    Une demande qui place ces entreprises, comme les centres d'appel Sitel France ou B2S, dans une situation délicate.

    "C'est une épée de Damoclès au-dessus de notre tête, avec plus de 1.000 emplois menacés", a témoigné Emmanuelle Gagnier, déléguée CGT à Sitel France. "Si on perd le contrat avec SFR ou si ces baisses de tarifs aboutissent, je ne vois pas comment on peut s'en sortir", a-t-elle dit, dans la mesure où ce contrat représente "70% de notre activité". Sitel compte 1.500 à 1.600 salariés en France, dont 500 à Troyes uniquement dédiés au contrat avec SFR.

    Chez B2S (2.500 salariés en France), qui fait "40% de son chiffre d'affaires avec SFR", même inquiétude selon le délégué CGT Thierry Palatte. La situation est aussi difficile pour SFD, le plus gros distributeur de SFR, a affirmé la déléguée CGT Andreea Epure, car "nous, on fait des ventes en boutiques et ça ne suit pas derrière, mais notre objectif ne bouge pas".

    Un appel commun CGT, CFDT et Unsa à une grève le 19 mai a été lancé chez SFR.

     

    Source : notretemps.com


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